Je vous en parle souvent, je suis très éprise de cette remarquable fleur de la Passion. Elles sont trois espèces qui occupent les espaces entre le potager et le jardin d’agrément. Je reviens toujours vers elles lors de leur floraison d’abondance, d’une année à l’autre !
Dans mon jardin parcouru par le temps, une passiflore blanche s’enroule chaque année, à l’assaut d’une petite pergola, à l’entrée du potager. Ce n’est pourtant qu’au printemps bien entamé, en matinée chauffée, qu’elle déploie ses fleurs étranges, comme des mandalas fragiles, d’un blanc immaculé. Et, au centre de laquelle, tel un secret bien gardé, elle présente sa singularité en une architecture végétale absolument sublime.
Parfois, le vent complice joue avec les lianes fines de Snow Queen, laissant tomber une fleur fanée comme on laisse un mot dans une bouteille, confidente silencieuse de l’ombre et du Soleil. C’est d’ailleurs réchauffée en journée qu’elle déplie son étoile, alors qu’en fin d’après-midi avancée, elle se referme. Au lendemain, la renaissance, fière d’avoir tenu son rôle jusqu’ici. En fait elle rappelle, même un instant, que son moment peut être délicat, mystérieux, et pourtant infiniment vivant.
On dit que la passiflore du jardin n’a pas été plantée par hasard. Je ne peux affirmer ceci, et cependant, je la vois prospérer avec une détermination tranquille, comme si elle connaissait déjà le chemin qu’elle doit suivre. En vérité, je n’ose pas vraiment la tailler, par crainte qu’elle périclite soudainement : ce qui est blanc par nature est presque toujours plus délicat alors qu’une fleur rouge est costaud. Quoi qu’il en soit, lentement, ses vrilles s’enroulent à l’architecture métallique qui, à présent, lui est familière.
Elle n’est pas simplement belle — elle est troublante, unissant en son coeur les instruments de la Passion. Cœur qui me semble dessiné avec une précision presque sacrée, comme un symbole ancien dont on aurait perdu la clé. Plus les années passent, plus elle fleurit avec générosité.
Elle exerce une fascination : je prends le temps de tout observer, de ses moindres détails au centre. En cela, elle n’est pas loin de me faire penser que la complexité peut être harmonieuse, la fragilité peut être architecturée. Elle continue de grimper, patiente, attentive, comme si elle savait que l’humain aura toujours besoin d’un endroit où déposer l’indicible.


Mes autres observations
Je les trouve magnifiques, passionnantes à observer. De sorte que je ne me lasse pas de découvrir leur incessant renouvellement de beauté et de finesse d’esprit. Comme l’une d’elles (la blanche) cour à l’assaut d’une arcade nature qui fait office d’entrée dans le potager, c’est un pur bonheur, une valeur ajoutée à celui-ci.

« Constance Elliot«
Algarve – Portugal
ou Snow Queen

« Violacea Amethyst«

« Edulis Frederick »

Elle préfère une exposition ensoleillée, un sol bien drainé et un support solide pour grimper. Elle peut être vigoureuse et envahissante si elle est plantée dans des conditions idéales.

Sublime Snow Queen : à l’entrée du potager,
non comestible
Elle est souvent utilisée dans des jardins thématiques ou poétiques, inspirant l’exotisme.

Aussi sous le nom de Constance Elliot
La passiflore est une plante vraiment spectaculaire. Ses fleurs exotiques aux couleurs vives et aux formes complexes attirent immédiatement le regard. Elle transforme un simple treillis ou une pergola en un point focal luxuriant, presque tropical, même dans un jardin européen classique.
Ses fleurs sont très attractives pour les pollinisateurs, notamment les abeilles et certains papillons.

Ses fruits sont comestibles (ci-dessous) à matité, mais à modération,
en raison de présence d’acide cyanhydrique
Cette superbe architecture nature nous vient d’un lointain. Dune légende inscrite en 160, par un moine répondant au nom de Jacomo Bosio. Une Passiflore qui se voit fortement appuyée d’un imaginaire populaire qui, en elle, voit touts les préceptes de la Passion du Christ. Pourquoi ?
La symbolique des divers instruments de la Passion montre des filaments au centre de la fleur, traduisant ici la couronne aux 72 épines.
– Les trois stylets : soit les 3 clous de la crucifixion.
– Les 5 étamines : pour les 5 plaies.
Voici pourquoi « Fleur de la Passion ». Par contre, ses propriétés, elles, ne sont pas une légende. Elles ont été introduites depuis le XVII ème s. en Europe et entrèrent de fait dans la pharmacopée, comme antispasmodique de choix. Elles est préconisée pour combattre l’insomnie chaque fois « que l’obstacle au sommeil est dû à l’excitation cérébrale ».
Après, ces propriétés réelles et à la vue des photos, n’y a t il pas d’analogies parlantes avec le Vitruve de Léonard de Vinci ? Soit « L’homme debout > « 5 » et relié au cercle sacré, symbolique du cercle Ciel et le carré Terre ; l’homme inscrit au centre d’une Étoile…

après être passée à sa phase ci-dessus.
Juillet 2024







La grenadille Edulis est une liane grimpante d’origine tropicale, dont le fruit à saveur douce se consomme en sorbet, sirops et coulis, lorsqu’elle arrive à maturité en novembre. Rustique jusqu’à -8 °C : C’est le fuit de la passion, une douce et subtile saveur à découvrir, si pas encore fait ;)

Superbe votre jardin, j’aime beaucoup!
Très bonne journée Muriel
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Merci Lili ;)
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Les passiflores sont des fleurs fascinantes !
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Je suis bien aussi de cet avis, Charlène ;)
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Bonsoir Muriel,
Tu as un jardin magnifique! La passiflore violette me plait vraiment, la blanche est merveilleuse mais je la vois trop délicate pour moi. Je voudrais essayer la dernière, celle que tu nommes ‘ édulis ‘ . Nous n’avons pas beaucoup de place chez nous, est-ce que nous pouvons la cultiver en grande jardinière? Elle atteint quoi comme hauteur?
Merci d’avance pour ta réponse,
Grands bis de nous!
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Héléna ;)
Oui, bien sûr, tu peux cultiver cette variété en pot, et obtenir de belles et grandes fleurs exotiques, à des fruits délicieusement sucrés,
d’une passiflore rustique : des fleurs tout l’été et des fruits à partir de septembre.
° veille à lui procurer pour cela un grand pot, assez haut,
° bien drainer et à amender.
° prévoir 2 hauts tuteurs, voire un morceau de grillage, car la passiflore a besoin d’un support solide pour entourer ses lianes.
Elle atteint quoi comme hauteur?
La réponse que je pourrais faire serait aléatoire. La passiflore va haut si elle se plait, pareillement que les clématites.
Par contre, elle peut se tailler (vers mars), cela avantagera la formation des fleurs en été, l’étoffera.
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Bonsoir Muriel,
Les photos de votre blog sont magnifiques, je vous remercie pour ces merveilles partagées.
Je vous envie, les espèces de mon jardfin ne sont pas si jolies, pas nombreuses.
Résistent-elles bien lors des pérides les plus marquantes en été ?
Belle, longue vie à vos passions culturelles, félicitation de notre part.
Limousin
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